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OUEST-FRANCE : Pénestin. « Ouf, finalement nos enfants vont reprendre la ferme ! »

Article Ouest France : Sylvie RIBOT.Publié le 22/11/2018 à 16h54


À Trébestan, situé à Pénestin (Morbihan), Joseph et Jacqueline s’inquiétaient de ne pas avoir de successeur(s) pour leur élevage laitier. Quand soudain… deux de leurs enfants se sont réorientés professionnellement pour que l’exploitation reste dans la famille.


Pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau quand l’heure de la retraite aura sonné,  « ça fait quatre ans déjà qu’on parle de passer la main » explique Joseph Vaugrenard, 58 ans.

À Trébestan, situé à Pénestin (Morbihan), sur la ferme qu’il exploite depuis les années 80 avec sa femme Jacqueline, une cinquantaine de vaches laitières - Holstein, Normandes, croisées Jersiaises et Rouges vikings - broutent dans les prairies et complètent leur menu en boulottant la production de l’exploitation : du maïs et des céréales. De la pièce à vivre, on peut en apercevoir certaines, au loin, se détacher sur les couleurs d’automne.


Rester bio


« On avait 35 à 40 vaches avant de passer en bio en 2009. On produisait alors environ 8 500 litres par vache par an, contre 5 500 maintenant. Cette conversion, c’est pourtant le meilleur truc qu’on ait fait dans notre carrière : on n’a jamais fait autant de revenus, on n’a pas plus de tâches, et la terre se porte mieux. »

Le couple ne se voyait donc pas avec des repreneurs en conventionnel.  « À un moment, des jeunes qui avaient un projet bio sont venus nous voir avec l’idée de monter une activité de boulanger-paysan », poursuit Joseph.


« Ça m’aurait embêtée »


L’affaire ne s’est pas conclue avec eux, mais sans le savoir, cette rencontre a changé les plans de deux des trois enfants de Joseph et Jacqueline, qui étaient alors partis vers d’autres voies professionnelles.

« Mon frère Sébastien s’est dit que ça le ferait suer que quelqu’un d’autre reprenne,  témoigne Natacha. Et moi aussi, finalement, ça m’aurait embêtée qu’ici, là où j’ai grandi, ça ne soit plus à nous » .


Retour à l’école


Coup de chance : ce révélateur arrive aussi au bon moment. Natacha ne s’épanouit pas dans le commerce international, à l’import de marchandises, et rencontre Jean-Baptiste, son copain, qui veut se lancer en maraîchage.

Sébastien en avait aussi un peu marre de son boulot de paysagiste. Résultat : sa copine Gaëlle, en marketing, se réoriente elle aussi.

Pour mettre cap sur l’agriculture, trois des jeunes retrouvent le chemin de l’école en vue de décrocher le BPREA (brevet pro responsable d’exploitation agricole). Sébastien, lui,  « avait juste besoin de faire le stage d’installation de 21 h »,  explique Joseph.

Avec son conjoint, Natacha, 29 ans, va donc s’installer en maraîchage bio sur 3 ha de l’exploitation familiale, au printemps prochain.  « 1 ha a déjà été mis en légumes cet été pour qu’elle se fasse la main » commente son père. Ces jours-ci, alors que l’étude de marché est bien avancée, il faudra  « monter les tunnels, mettre en place l’arrosage, le bâtiment de stockage et de vente… »


« Les carottes ne risquent pas de partir en divagation ! »


Sébastien, 30 ans, et sa compagne, eux, devraient reprendre l’élevage laitier dans un an et demi environ. Pas de chamaillerie dans la fratrie, car Natacha ne se voyait pas dans l’élevage.  « Pour moi c’est beaucoup de contraintes, de stress. Les carottes, elles, au moins, elles ne risquent pas de partir en divagation sur les routes ! »  Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées.

Les parents peuvent souffler.  « Ouf ! » Ils ont témoigné, récemment, de cette reprise à suspense, lors d’une réunion de la Confédération paysanne.  « On n’a jamais poussé nos enfants car on respectait leur choix. Au bout du compte, je ne suis pas trop étonnée, car notre fils voulait être paysagiste ou fermier quand il était petit. Il aidait un peu sur la ferme », se souvient Jacqueline.

Joseph, lui, ne l’a pas vu venir. La surprise, de voir les 100 hectares (dont 30 de marais) rester dans la famille n’en est que plus belle. La jeune génération va juste devoir se chercher un toit près de Trébestan. Histoire de ne pas virer les parents du nid qui a fait éclore leur vocation.


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GAEC le Potager de Trébestan

Trébestan 56760 Pénestin

06 71 19 88 51

potagerdetrebestan@gmail.com

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